70 ans du DNO

Le DNO en dates : 70 ans de réformes à l’écoute de la production

Le 19 mars 1955, le titre d’œnologue et le Diplôme National d’Œnologue sont définis par la loi n° 55-308. Un an plus tard, le contenu du DNO est inscrit au Journal officiel n°295 du 19 décembre 1956. S’ensuivent de multiples aménagements et précisions, qui dessinent depuis 70 ans le profil du DNO et celui de l’œnologue et qui sont gravés dans la loi.
Publié le 1 décembre 2025

Par Nadine Franjus-Adenis

 

Extrait du Journal Officiel du 20 mars 1955
Lien vers l’intégralité du texte officiel de la loi (5e et 6e page)
  • 19 mars 1955 : la loi n° 55-308 définit le titre d’œnologue ainsi que le Diplôme National d’Œnologue (DNO). Une Commission Consultative Permanente d’Œnologie (CCPŒ) est créée pour écrire les modalités et l’organisation des études en vue de l’obtention du DNO.

« Pendant la période de définition du DNO, le titre d’œnologue peut être conféré aux personnes ne possédant pas le diplôme prévu à l’article 1er, mais dont les titres ou la culture scientifique ou technique ont été jugés suffisants par la commission instituée par l’article 3 et qui, en outre, pourront justifier d’au moins cinq années de pratique. »

  • 1956 : 460 candidats reçoivent le titre d’œnologue, compte tenu de leur expérience professionnelle et de leurs diplômes. En tout, plus de 1000 œnologues seront titrés entre 1956 et 1968. Le rôle de l’œnologue se précise.
  • 1956 : le contenu du DNO est inscrit au Journal officiel n°295 du 19 décembre.  La formation requiert 2 ans d’études et 4 mois de stage minimum.
    Matières enseignées : biologie végétale, chimie, physique et transformation du raisin en vin, composition du vin, traitement du vin, analyse et contrôle du vin.
    Épreuve de fin de stage : discussion orale d’un rapport établi par le candidat.

 « La première année, ouverte à tous les candidats sans exigence de diplôme (universitaire), a pour but une mise à niveau des candidats ». Sont dispensés de cette première année d’études tous les candidats qui possèdent un diplôme au moins égal au certificat d’études PCB (physique, chimie, biologie – de niveau bac+1). Le DNO est donc un diplôme niveau bac + 2, avec entrée au niveau bac.

  • 1958-59 :  Création d’un collège de recteurs en 1958 à l’origine de la création de l’Union Nationale des Œnologues en 1959.
  • 1961 : modification de l’arrêté de 1956 pour officialiser les épreuves finales de l’examen et imposer des épreuves probatoires en fin de 1ère année, vérifiant le niveau scientifique de tous les candidats à la 2ème année.
  • 1962 : le décret du 22 septembre autorise les seuls œnologues à utiliser le ferrocyanure de potassium dans un encadrement très strict d’utilisation, grâce à leur formation en chimie analytique. Cette compétence a fait l’objet préalable de nombreuses discussions scientifiques antérieures, notamment au sein de l’Académie de Médecine, et ce serait un des éléments ayant incité à la création du titre d’œnologue. Même si le métier d’œnologue ne se résume pas à cette prérogative, puisqu’avec la loi de 1955, sa formation s’est étendue de façon considérable pour devenir pluridisciplinaire.
  • 1964 : le décret du 31 août instaure le contrôle obligatoire de la qualité des vins à la production par un œnologue.
  • Entre 1960 et 1966, quelques aménagements sont apportés à l’enseignement et aux modalités d’examen.
  • 1965 : création de l’Union Internationale des Œnologues le 24 avril.
  • 1965 : par arrêté du 16 juillet, création d’un Brevet de Technicien Supérieur en Agriculture spécialité viticulture et œnologie, également de niveau bac + 2. Rapidement, les diplômés réclament les mêmes prérogatives que les œnologues. Le débat s’installe. Ce qui amène le professeur Édouard Nègre de Montpellier à proposer une hiérarchisation des fonctions : « les œnologues sont des cadres supérieurs de conception et de réalisation, les techniciens supérieurs des cadres supérieurs de la réalisation et d’exécution et les détenteurs du Brevet technicien agricole des cadres d’exécution ».
  • 1967 :  le DNO figure parmi les diplômes dont peuvent être titulaires les candidats au concours de recrutement des techniciens de laboratoire au Service de répression des fraudes (RFŒ 27 – 1967).
  • 1970 : par décret n°70-1002 du 23 octobre les BTS obtiennent une partie des prérogatives des œnologues.
  • De 1973 à 1976 : discussions au sein de la CCPŒ sur la réforme nécessaire de la formation au DNO, portant sur la durée de la formation – 2 ou 3 ans – et les nouvelles matières à enseigner, dont l’ampélographie, la vigne et le vin dans l’environnement et le génie œnologique.
  • 1976 : arrêté du 24 août qui maintient la durée de la formation au DNO à deux ans, et ajoute de nouvelles matières dont la gestion d’entreprise, la jurisprudence et la fiscalité ou la surveillance des circuits commerciaux.
  • 1976 : lors de l’Assemblée générale de l’OIV à Ljubljana, une définition internationale du titre et de la fonction d’œnologue est adoptée. Elle est associée à un programme homogène de formation minimale sur au moins un an. L’enseignement théorique doit représenter 50 % du nombre d’heures, les travaux pratiques 40 % et les 10 % restants sont à l’initiative de chaque centre, le tout devant représenter au minimum 800 heures.
  • 1982 : Réforme pour relever le niveau de recrutement à bac + 2 en formation scientifique (DEUG B, DUT, BTSA…), en maintenant toujours deux années d’études : soit 851 heures au total dont 279 de TP et 96 h laissées à l’initiative des centres et deux stages pratiques. Le niveau du DNO passe donc à bac + 4
  • 1995 : mise à jour des programmes avec principalement plus de viticulture, de management d’entreprise et de génie œnologique.
  • 2002 : la loi de Modernisation Sociale du 17 janvier officialise la validation des acquis de l’expérience (VAE). Ce moyen d’obtenir une certification professionnelle en faisant valoir les compétences acquises tout au long de sa vie va se mettre en place progressivement dans les universités, y compris pour le DNO.
  • 2007 :  l’arrêté du 19 mars concernant la réforme d’harmonisation européenne LMD (Licence – Master – Doctorat), nécessite d’adapter les niveaux du recrutement en formation au DNO à bac + 3 et de l’obtention du DNO à bac + 5.
  • 2013 : dissolution de la CCPŒ, remplacée par la création d’une commission pédagogique dans chaque centre de formation, nommée par le chef d’établissement. Elle sera validée par arrêté le 2 septembre 2021.

Les travaux sur le titre, son niveau et son contenu sont harmonisés au sein de l’Union des Œnologues de France.

  • 2013 : le centre de Toulouse, sous la direction et à l’initiative de Marc Garcia, met en place les premières études par alternance pour le DNO.
  • 2021 : par le décret n° 2021-1147 du 2 septembre, l’œnologue est reconnu au grade de Master (bac + 5). Il confirme le niveau d’entrée au niveau bac + 3, licence ou équivalent, et toujours une durée des études de deux ans.
  • 2021 : à la suite de l’action de rénovation et de mise à jour de la maquette réalisée par l’Union et les Centres, l’organisation des études en vue de l’obtention du DNO est précisée par arrêté du 2 septembre 2021 – JO du 4-9-2021. Les annexes 1 à 4 stipulent le référentiel professionnel, le programme des enseignements, le référentiel de compétences, et le référentiel d’évaluation du diplôme.

Sources :

  • « Œnologue, une passion tournée vers l’avenir – Diplôme depuis 1955 » par Claire Desbois-Thibault, Rachel Payan, éditions l’Effervescence : livre publié en 2009.
  • Journal Officiel de la République Française
  • Revue française d’œnologie n°27 et n°307