70 ans du DNO

Défis et avenir du DNO

Publié le 1 décembre 2025

Par Nadine Franjus-Adenis

 

Quel avenir pour le DNO ? Les responsables des centres de formation, en première ligne pour évaluer la pertinence de l’enseignement délivré face aux attentes du monde professionnel, livrent leur analyse. Conscients de la nécessité de faire évoluer le diplôme pour accompagner les transformations de la filière, ils partagent leurs réflexions et pistes d’adaptation.

L’institut recense déjà les compétences à développer pour les futurs étudiants : « De nouveaux défis apparaissent ! Il faudra s’adapter aux enjeux environnementaux et climatiques, reconnaître les défis et les opportunités de l’intelligence artificielle, faire évoluer le conseil œnologique, prévoir les nouvelles tendances de la consommation, trouver et s’adapter à de nouveaux produits. L’œnologue sera également sollicité demain sur les aspects de durabilité. »

« Demain nous continuerons à renforcer la formation professionnelle, l’enseignement scientifique et académique prenant en compte l’évolution climatique, environnementale, sanitaire et sociale, les nouvelles technologies afin de développer les besoins en nouvelles compétences de l’œnologue. » Un vaste programme dont le chantier a à peine commencé.

« À  Reims, de plus en plus d’étudiants viennent de l’étranger ce qui pourrait inciter le DNO à s’ouvrir aux problématiques internationales. » Il souhaiterait que les étudiants qui viennent du monde entier, mais aussi les Français qui ambitionnent de voyager, reçoivent un enseignement adapté à toutes les cultures œnologiques.

Parallèlement, on observe une évolution du profil des candidats au DNO qui devra inspirer les prochaines réformes. « Le niveau d’études des candidats s’élève : entre 40 et 50 % des candidats qui postulent à Reims ont déjà un bac + 5, ils cherchent un double diplôme ». Un constat qui interroge autant le contenu de la formation au DNO que le marché de l’emploi. 

« On observe une évolution vers une œnologie de précision encore plus exigeante et axée sur la prévention des risques chimiques et microbiologiques. La demande des consommateurs pour des produits plus naturels a été intégrée dans le module « Conduite de production et de transformation alternatives, Agriculture Biologique et certifications », ainsi que dans un module spécifique à Montpellier-UFR Pharmacie intitulé “Biotechnologies œnologiques“, ouvert à la semaine mobilité. La réduction des intrants devrait entraîner une augmentation des mesures de prévention et des contrôles microbiologiques. »

« Aujourd’hui, le métier d’œnologue doit relever des défis environnementaux et sociétaux importants, nécessitant recherche et innovation pour concilier tradition et adaptation. La formation devra ainsi renforcer les compétences scientifiques des futurs professionnels, établir un lien étroit entre enseignement, recherche et filière, mais aussi développer chez les étudiants une capacité d’analyse critique et d’adaptabilité, fondée sur une connaissance approfondie de la vigne et du vin, y compris les procédés de culture, de vinification et de conservation. Tout ceci dans une logique d’échanges mutuels, pour orienter nos projets et répondre collectivement aux enjeux de demain. »

« Les enjeux du DNO de Toulouse sont particulièrement orientés vers l’insertion professionnelle puisque l’on dispose d’une majorité d’alternants, en réponse à la forte demande des entreprises. Depuis la réforme de 2021, l’orientation des sujets de mémoire est de plus en plus axée sur la recherche et le développement, en lien avec les défis de la filière, pour apporter une valeur ajoutée aux produits œnologiques. »

« Développer des modules sur des sujets tels que le changement climatique, l’adaptation des cépages, la gestion de l’eau, la biodiversité, les techniques de viticulture régénérative, l’agroforesterie et les sols vivants. Cela nécessitera probablement des compétences numériques avancées, notamment en capteurs, automatisation, IoT (Internet of Things – Internet des objets), vinification de précision, data sciences appliquées au vin, télédétection, drones, imagerie pour le suivi des vignobles. L’utilisation de logiciels de gestion de cave, de traçabilité et de blockchain est également suggérée. »

L’enjeu du DNO sera toujours d’être à l’écoute de la filière et dans l’anticipation des besoins à venir.