« Pourquoi je ne participe pas au Dry January » du docteur Robert Kaplan est un article d’opinion différent car il aborde l’alcool non pas comme une question binaire « sans danger » ou « dangereux », mais comme une décision nuancée fondée sur le rapport bénéfice-risque, influencée par la qualité des données probantes, le risque absolu, les valeurs personnelles et le contexte social. Cette approche le rend plus analytique et moins prescriptif que les commentaires habituels en matière de santé publique. L’article traduit systématiquement les résultats en termes absolus, ce qui en clarifie la portée pratique pour la prise de décision individuelle. De plus, il se concentre sur la mortalité toutes causes confondues plutôt que sur des maladies spécifiques. Nombre de discours sur l’alcool se focalisent uniquement sur le cancer ou les maladies cardiovasculaires. Ici, le docteur Kaplan privilégie explicitement la survie globale, arguant qu’il s’agit d’un critère plus pertinent pour les individus – une perspective souvent absente des messages politiques. Contrairement à de nombreux commentaires qui présentent implicitement la consommation d’alcool comme un manque de maîtrise de soi ou de responsabilité, cet article considère la consommation modérée comme un comportement culturellement et socialement significatif, et non comme une simple exposition aux risques pour la santé. Il intègre ainsi le bien-être social et psychologique dans les compromis liés à la santé.
Le docteur Kaplan prend explicitement en compte le plaisir, la sociabilité et les liens sociaux au même titre que les risques biomédicaux, remettant ainsi en question la tendance en santé publique à exclure ces bienfaits car plus difficiles à quantifier, et proposant un modèle de prise de décision réfléchie et fondée sur des valeurs.
Plutôt que de conclure par une recommandation universelle (par exemple : « tout le monde devrait arrêter » ou « les recommandations sont erronées »), l’article montre comment une personne bien informée peut raisonnablement choisir une autre option que l’abstinence, sans pour autant nier les risques.
Il s’agit donc d’une opinion équilibrée et très instructive. La conclusion des Académies nationales américaines selon laquelle les consommateurs modérés d’alcool ont légèrement moins de risques de mourir, toutes causes confondues, que les abstinents, reste une révélation, car elle tranche avec l’approche habituelle centrée uniquement sur les maladies cardiaques et le cancer. De plus, comme souligné, présenter les données absolues plutôt que les variations en pourcentage est très utile pour la prise de décision personnelle. Cela s’applique également à tout risque d’ordre médical, comme l’effet des médicaments sur des maladies telles que les AVC, les maladies cardiaques et le diabète. Par exemple, supposons que le risque accru de développer une maladie particulière en ne prenant pas un médicament passe de 1 % à 1,5 %. Bien que cela représente une augmentation de 50 %, il ne s’agit que d’une augmentation de 0,5 point de pourcentage en valeur absolue…
Lire l’article intégral « Why I’m skipping Dry January », paru le 1er janvier 2026 dans Stat News, média américain reconnu spécialisé dans l’actualité de la médecine, de la santé et des sciences (en anglais).



